Les stratégies de prévention face à la désinformation en période électorale de 2025 en Centrafrique

La désinformation est un phénomène préoccupant qui peut influencer l’intégrité des élections et la confiance des citoyens dans le processus démocratique. C’est pourquoi il est important en période électorale de mettre en place des mesures efficaces pour prévenir et lutter efficacement contre la propagation de fausses informations ou encore les rumeurs. Il existe quelques moyens de lutter contre ce phénomène surtout en période électorale, en mettant particulièrement l’accent sur le rôle des organisations médiatiques et professionnels des médias qui travaillent dans la vérification des faits mais aussi celui des citoyens en cette période. De promouvoir la culture de l’esprit critique, la prise du recul et le bon sens avant d’accepter ou de répandre les informations reçues. 

Comprendre les élections locales et sa particularité

Dans une interview réalisée par Centrafrique Check avec le  Commissaire électoral au sein de  l’Autorité Nationale des Élections,  Davy victorien YAMAindique que : Les derniers souvenirs d’élections locales remontent à 1988, ce qui signifie qu’elles n’ont pas été organisées depuis plus de 36 ans. À l’époque, il s’agissait uniquement d’élections municipales, sans implication des régions. Aujourd’hui, avec les nouveaux découpages administratifs et l’adoption de la nouvelle loi organique sur les collectivités locales, les élections municipales et régionales seront fusionnées. L’objectif est de rapprocher l’administration des citoyens et de promouvoir une gouvernance locale ainsi qu’une démocratie de proximité.  


Promouvoir la culture de la vérification des faits 

Les organisations médiatiques spécialisées dans le fact-checking jouent un rôle plus qu’essentiel dans la lutte contre la désinformation dans le contexte des élections locales en Centrafrique. L’implication de ces acteurs dans la vérification des affirmations non vérifiées et des informations fausses qui polluent  le paysage médiatique centrafricain, notamment sur les réseaux sociaux numériques ou d’autres plateformes, mais également les communautés par des rumeurs galopantes qui circulent de bouche à oreille est nécessaire pour promouvoir  la véracité de l’information et le rétablissement de la vérité à travers la publication des rapports périodiques ou des contenus factuels ou articles de vérification des faits , afin de limiter la propagation rapide de la désinformation et prévenir leurs potentielles conséquences. En fournissant des évaluations rigoureuses et transparentes, cela permettrait aux électeurs de se forger une opinion éclairée. 

Centrafrique Check, dans sa mission qui consiste à lutter contre la désinformation et ses impacts en République Centrafricaine, contribue à promouvoir la culture de la véracité des informations dans le contexte spécifique de la République Centrafricaine, contribuant ainsi à renforcer la confiance du public dans les informations diffusées à l’approche des élections. Rappelant que plusieurs initiatives et médias se sont lancés également dans la lutte contre la désinformation en Centrafrique, tels que: Oubangui Médias, Consortium des Journalistes Centrafricains pour la Lutte contre la Désinformation (CJCLD), Stop A Tene de Radio Ndeke-Luka,  toutefois, la question de la pérennisation de ces actions demeure un véritable challenge.

Éducation aux médias et à l’information (EMI)

Promouvoir l’éducation au média est crucial.  C’est un domaine qui vise à former les individus en particulier les jeunes à comprendre et à analyser les contenus médiatiques à développer des compétences critiques afin d’être des consommateurs éclairés de l’information. 

Pour que chaque citoyen centrafricain et futur électeur puisse remplir sa mission, faire valoir son droit et son devoir, il lui faut adopter cette culture ou encore ce réflexe. Cependant, nous sommes sans ignorer qu’avant cette période, nous faisons face à plusieurs défis liés à la prolifération de la désinformation, la montée exponentielle des rumeurs et des discours de haine  à l’approche des élections de 2025, notamment locales. Ces fausses informations influencent parfois sur le choix du peuple centrafricain, et empêchent d’avoir une élection transparente , mais surtout  peuvent alimenter des tensions politiques durant les périodes pré et post campagnes. Par conséquent, celles-ci peuvent avoir des incidences sur la cohésion sociale, le vivre ensemble et la paix gage de la démocratie en Centrafrique. Les citoyens centrafricains  doivent cultiver à cet effet un réflexe de doute ou de l’esprit critique. 

Renforcer la résilience de la population centrafricaine face aux contenus diffusés en ligne et hors ligne

La lecture critique des articles et post sur les réseaux sociaux, incluant la date de publication, de la recherche de preuves qui soutiennent les affirmations une notion très importante pour la population centrafricaine  en tant que principale victime de la désinformation et les rumeurs en période des échéances locales en vue, est primordial. Les mots d’ordre restent les mêmes, ils consistent de ne pas se fier aux rumeurs de bouche à oreille, encore moins d’accepter toutes les informations, mais  toujours de vérifier avant de publier tout en signalant les informations erronées sur les plateformes sociales, des discours à la haine etc… l’utilisation de sites de vérification des faits permet aux citoyens centrafricains de jauger la véracité des informations publiées en ligne ou hors ligne.

Le respect d’éthique et de la déontologie 

L’éthique renvoie aux valeurs morales et à la conscience professionnelle du journaliste, la déontologie quant à elle repose sur des règles formelles de base du métier. Les journalistes ou encore professionnels de médias ont un rôle fondamental à jouer à l’approche des élections locales tout en respectant les codes d’éthique et de la déontologie. Ils ont la responsabilité de fournir une information fiable et équilibrée, d’éviter les discours partisans ou propagandistes, afin de permettre aux citoyens de faire un choix éclairé. Cependant la faiblesse des institutions médiatiques en Centrafrique et la précarité financière du métier constitue un défi majeur à l’approche souvent de cette période électorale dans notre pays précisément. Certains médias sont influencés par des intérêts financiers ou même des partis politiques.

Résilience démocratique

La lutte contre la désinformation est une responsabilité collective qui nécessite l’engagement des individus, des institutions et des plateformes numériques pour renforcer la résilience démocratique. Des politiques claires concernant la désinformation établies et appliquées, la vérification à travers les outils de vérification des faits pour confirmer l’authenticité des informations avant de les partager. Les réseaux sociaux peuvent être des vecteurs puissants de désinformation. Une collaboration entre les plateformes pour identifier et supprimer les contenus faux ou trompeurs est essentielle. 

La lutte contre la désinformation en période pré-électorale en Centrafrique nécessite un effort et engagement collectifs. La population, y compris les organisations des médias en général ou spécialisés dans la vérification des faits doivent adopter des comportements responsables tout en respectant scrupuleusement l’éthique et la déontologie du journalisme. Grâce à une vigilance accrue et à une volonté d’engagement, les citoyens peuvent contribuer à un processus électoral plus transparent et démocratique. 

Par Jimmy Raoul Lakola

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