Le 5 mars 2026, une publication diffusée sur Facebook par la page Facebook “Planète Culture” a relancé le débat sur les conditions d’inhumation en Centrafrique. Celle-ci reprenait un extrait d’un reportage de France24 mettant en lumière les difficultés rencontrées par les familles pour enterrer dignement leurs proches, en raison du manque de cimetières publics accessibles.
L’information s’est rapidement propagée en ligne, puis au sein des communautés, alimentant les discussions autour de la dignité funéraire et de la gestion des espaces de sépulture dans un contexte déjà marqué par de nombreux défis socio-politiques. Face à cette situation, des autorités locales, notamment dans les zones où se trouvent des cimetières, ainsi que la municipalité de Bangui, ont été sollicitées. Elles ont confirmé les difficultés d’accès et les insuffisances en infrastructures funéraires, tout en apportant des précisions sur l’existence et la gestion de certains sites.

Le manque de cimetières publics est un problème signalé sur les réseaux sociaux depuis 2024 et qui reste toujours d’actualité en 2026. Il ressort des témoignages et des discussions publiques que plusieurs familles rencontrent des difficultés pour trouver des espaces d’inhumation adaptés. Cette situation continue d’alimenter les débats sur la nécessité de mieux organiser et renforcer les infrastructures funéraires dans les zones urbaines.

En République centrafricaine, le manque de cimetière publics oblige certaines familles à chercher d’autres solutions. Dans plusieurs cas, des personnes utilisent des terrains privés, comme des fermes ou des parcelles familiales, pour enterrer leurs proches. Cette pratique se développe surtout parce que les cimetières existants ne sont plus opérationnels. Cependant, cela pose des problèmes, notamment en matière d’organisation, d’hygiène et de respect des règles.
Cette situation montre les difficultés que rencontrent les populations et renforce les discussions sur la nécessité de créer plus de cimetières publics adaptés aux besoins des citoyens.
Réactions des autorités locales interrogées
Interrogé Sylvestre Constant Yamadé, conseiller à la communication de la Mairie de Bangui, a qualifié la situation d’allaitement et prioritaire “ La RCA manque de cimetières officiels aujourd’hui. En 2013, avant les conflits, cinq sites avaient été identifiés à la sortie de la ville de Bangui. Mais les crises sécuritaires ont interrompu ce projet , notamment en raison de l’absence d’un arrêté officiel de la mairie. Ce problème reste sans solution concrète, malgré son importance, dans un contexte où les besoins de la population sont de plus en plus pressants pour y faire face.’’
TETENGAN Martin, chef du quartier Nzila 4, situé au sud de Bangui, a confirmé le manque de cimetières publics “ Le pays manque totalement de cimetières publics. les habitants enterrent leurs morts dans leurs propres parcelles, avec mon autorisation, pour éviter les problèmes sanitaires. La mairie de Bimbo avait promis un terrain, mais rien n’a été fait. Parfois, certaines familles paient 5000 FCFA à des voisins pour utiliser leur terrain.”
Joseph Bekabanga, chef du quartier Ndress 1 dans le 7e arrondissement de Bangui, a aussi alerté sur ce problème. Il déclare “ Depuis la fermeture du cimetière de Ndress, les enterrements sont devenus très difficiles. Avant , la mairie de Bangui accompagnait les familles et organisait les enterrements. Aujourd’hui, il n’y a plus de contrôle, et l’argent collecté n’est pas bien géré”
Winnie WAPOUSSOU, résidant au quartier Mokala dans le 6e arrondissement de Bangui témoigne “ Nous avons été informés en 2025 que le gouvernement a lancé une vaste opération d’exhumation de 2 000 corps au cimetière de Ndress. Cette opération vise à élargir et réhabiliter la route qui traverse ce cimetière et relie le 7e arrondissement aux quartiers de la capitale. Comme mon père est enterré. la-bas, nous y sommes rendus, heureusement, sa tombe ne figure pas parmi celles concernées par cette opération”
Elle poursuit “ le 7 avril 2026, nous avons perdu notre grand-mère, pour son enterrement le 10 avril 2026, nous avons été contraints d’utiliser notre terrain privé au village Ndangala, situé à environ 30-35 km au sud-ouest de Bangui sur l’axe Bangui-Mbaiki (préfecture de l’Ombella-M’Poko). L’État doit trouver une solution pour les personnes qui n’ont pas les moyens d’acheter un terrain ou une parcelle pour inhumer leurs proches.”
Tambolo Gortrant, résidant du quartier Nzangogna, dans le 6e arrondissement de Bangui, déplore le manque de cimetière dans le pays “ le manque de cimetières publics devient une grande souffrance pour plusieurs familles comme la mienne. Après la perte d’un proche, nous sommes parfois obligés de l’enterrer dans la concession familiale faute de place et de moyens. Cette situation crée des problèmes d’espace, des risques sanitaires et beaucoup de tristesse. Dans notre famille , nous avons acheté une portion de terrain à Bouchia, un village à environ 92 km de la capitale Bangui, ce qui facilite l’enterrement des membres de la famille.”
En 2025, le gouvernement a lancé une vaste opération d’exhumation de près 2 000 corps au cimetière de Ndress. Cette opération visait à permettre l’élargissement et la réhabilitation de la route traversant ce cimetière, un axe reliant le septième arrondissement de Bangui aux quartiers nord de la capitale. Les corps exhumés seront réinhumés soit dans un autre cimetière, soit dans des propriétés privées, selon le choix des familles concernées. Jusqu’à présent, les autorités n’ont pas précisé si de nouveaux espaces publics seront aménagés pour répondre aux besoins croissants de la population. Pendant longtemps, les sites de Ndress et Nzila, ont servi de lieux d’inhumation pour les familles. Mais aujourd’hui, ces cimetières sont pleins et ne fonctionnent plus.
Le reportage diffusé. par France 24 le 5 mars 2026 a simplement montré cette réalité. Aujourd’hui, les familles enterrent leurs proches soit dans leurs terrains privés soit dans leurs villages d’origine. Plusieurs raisons expliquent ce problème, le manque d’infrastructures modernes, l’absence de planification des espaces funéraires dans la ville, la saturation des anciens cimetières et une mauvaise gestion au niveau municipal. Cette situation dure depuis longtemps et montre un manque d’organisation des autorités, même si les anciens sites comme Ndress et Nzila existent toujours.
En 2025, le promoteur de l’hôtel Azimut, jean félix Ouéfio, en collaboration avec le gouvernement a annoncé le lancement officiel des travaux de construction d’un nouveau cimetière moderne au PK 26, sur la route de Boali, qui concerne la création d’un cimetière écologique moderne ainsi que l’aménagement d’un site d’urgence destiné aux spécialisé pour les 1 000 militaires bénéficiaires d’un programme de parcelles subventionnées. Par ailleurs, aucune information n’a été publiée concernant l’état d’avancement de ce projet. Selon Florence Marchal, porte-parole de la Minusca sur radio Guira, trois sites ont été identifiés dans la commune de Bimbo pour répondre à cette situation et que la Minusca reste mobilisée en coordination avec les autorités centrafricaines sur le dossier, dans le cadre des efforts visant à améliorer la gestion des espaces funéraires dans la capitale et ses environs.
La République centrafricaine fait face à un manque de cimetières publics adaptés. Ce problème ne peut plus attendre et nécessite une intervention rapide des autorités afin d’éviter une aggravation de la situation.
Par Hillary Boyo