Bambari : 15 femmes portées disparues en trois mois? Pas de preuves vérifiées

L’affirmation selon laquelle 15 femmes auraient disparu en trois mois à Bambari n’a pas été prouvée par des autorités locales de cette localité. Aucune preuve tangible ou information officielle n’a confirmé ces disparitions.
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En République centrafricaine, une loi visant à lutter contre les violences faites aux femmes a été adoptée le 15 décembre 2016. Cette législation interdit toutes formes de violences basées sur le genre, telles que les violences domestiques, les viols et les mutilations génitales féminines, tout en prévoyant des mesures de protection et d’accompagnement pour les victimes. Bambari, ville marquée par des troubles et des violences, est particulièrement affectée par les affrontements entre groupes rebelles et forces de sécurité.


Entre-temps, une publication fait état de 15 disparitions de femmes dans la ville de Bambari, chef-lieu de la préfecture de la Ouaka, située à 456 km au centre de la République centrafricaine. Postée depuis le 18 décembre 2024 sur le site d’information centrafricaine en ligne « Corbeau News-centrafrique », voici la légende inscrite sur le post : « la ville de Bambari est devenue le lieu de disparitions inexpliquées, avec plus de quinze femmes évaporées en six mois. Les familles, en quête de réponses, se heurtent au silence des autorités pendant que l’association les mères en quête tente de maintenir l’attention sur ces cas non résolus ». 


Cependant, cette information est non fondée, rejetée par le président de la Commission nationale des droits de l’Homme et des libertés fondamentales, les autorités locales ainsi que les jeunes leaders de la ville.

Vérification 

Pour clarifier cette information et distinguer le vrai du faux, la rédaction de Centrafrique Check a interrogé Ossene Yackoisset Wessekpama, président de la Commission nationale des droits de l’Homme et des libertés fondamentales (CNDHLF), qui a également démenti cette allégation.

« Je tiens à dire clairement que c’est une fausse information. Si de tels cas se produisaient, notre point focal nous en informerait. Or, nous n’avons même pas enregistré un seul cas dans cette localité », a-t-il déclaré.

Joint par téléphone, Abel Matchipata, président de la délégation spéciale de la ville de Bambari, rejette fermement cette allégation : « Quel intérêt y a-t-il derrière tout cela ? Il y a de nombreuses organisations qui œuvrent pour les droits des femmes à Bambari. Si cela était vrai, elles auraient déjà dénoncé la situation. Cette information n’a pour but que de ternir l’image de notre ville. »

Pour Ndemandja Natacha, secrétaire générale de l’Organisation des Femmes Centrafricaines (OFCA) de Bambari, contactée par Centrafrique Check, « Dans notre organisation, et même à l’hôpital, nous n’avons pas entendu parler de cela. Nous collaborons étroitement avec la MINUSCA. Si cela était vrai, ils nous en informeraient. Donc, cette information est fausse. »

Dans le cadre de la vérification des faits, nous avons constaté qu’aucun média en Centrafrique n’a parlé d’information concernant ces présumées disparitions de femmes à Bambari. De plus, aucune organisation de défense des droits humains, en particulier celles œuvrant pour la protection et la promotion des droits des femmes contre les violences sexuelles, domestiques, les violences basées sur le genre, les viols ou les mutilations génitales féminines, n’a publié de communiqué officiel en ligne pour alerter ou dénoncer ces disparitions.

Cette information semble être partagée délibérément dans le but de manipuler l’opinion publique, semer la confusion ou exacerber les tensions dans un contexte politique déjà tendu. Certaines informations peuvent ainsi être exagérées ou fabriquées dans le but de soutenir une cause, discréditer un adversaire ou détourner l’attention.

Verdict 

En conclusion, l’information publiée en décembre 2024 sur le site d’information en ligne Corbeau News, faisant état de disparitions inexpliquées de 15 femmes à Bambari, sous le silence des autorités, sur une période de six mois, est fausse après plusieurs vérifications effectuées par Centrafrique Check.

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