Attention, N’GUINZA IYO n’est pas un service de transfert d’argent fiable

Un post publié sur Facebook le 23 janvier 2026 affirme qu’un service sécurisé de transfert d’argent, appelé NGUINZA IYO et censé être basé en Centrafrique, aurait étendu ses activités vers le Togo, la Côte d’Ivoire et le Bénin. Cependant, après vérification, ce service est en réalité une arnaque visant à soutirer de l’argent aux utilisateurs.
Faux Badge

La publication Facebook présente N’GUINZA IYO comme une solution pratique pour effectuer des transferts d’argent en Afrique. Il promet une procédure simple, réaliser un dépôt via Orange Money, puis envoyer une capture d’écran ou une photo du reçu contenant les détails de la transaction. Le message indique « Centrafricains, transfert d’argent sécurisé vers Togo,  Bénin, Côte d’Ivoire, Burkina Faso, avec Orange Money. Service disponible même depuis chez vous. Procédure simple: effectuez le dépôt via Orange Money, puis envoyez-nous la capture d’écran ou la photo du dépôt contenant l’identifiant de la transaction. » Cependant, ces affirmations sont frauduleuses, et ce service ne doit en aucun cas être utilisé.

Sur les réseaux sociaux, via le service Orange Money, une autre arnaque numérique baptisée « Africa Investissement » a également dépouillé des citoyens en appliquant le même procédé, pour un envoi de 1000 FCFA, elle promettait de doubler la somme versée. De manière plus générale, les réseaux sociaux et les applications de messagerie regorgent d’escroqueries bien documentées(1, 2, 3, 4) dans lesquelles des individus malveillants proposent de prétendues opportunités financières ou des gains rapides, tout en exigeant un paiement préalable censé débloquer un bénéfice ou un service.

La méthode décrite dans cette publication consiste à réaliser un dépôt via Orange Money, puis à envoyer une capture d’écran ou une photo du reçu affichant l’identifiant de la transaction et le numéro du bénéficiaire. Toutefois, ces informations sont entièrement mensongères et relèvent d’une arnaque en ligne. Après plusieurs vérifications effectuées par Centrafrique Check, aucune source fiable ne valide l’existence d’une entreprise légitime appelée Nguinza IYO, autorisée à exécuter des transactions internationales officielles ou à gérer des paiements entre États. À la lumière des éléments disponibles et des caractéristiques habituelles des fraudes en ligne, tout indique que cette publication Facebook constitue une tentative d’escroquerie plutôt qu’une offre authentique émanant d’une entité légalement reconnue.

Vérification

Afin de vérifier la fiabilité de ces informations, la rédaction de Centrafrique Check a pris contact avec le service de communication d’Orange Money, le directeur général de BGFI, ainsi que le responsable du Guichet unique des formalités des entreprises de la République centrafricaine, rattaché au ministère du Commerce.

Le 20 février 2026, la Chambre de commerce, placée sous la tutelle du ministère du Commerce et de l’Industrie, a répondu par l’intermédiaire de Romain Pamo, coordonnateur du Guichet unique RCA. Celui-ci a affirmé « L’entreprise NGUINZA IYO n’est enregistrée dans aucun registre national. Même en tenant compte des sociétés immatriculées avant la création du Guichet unique en août 2008, aucune trace de cette entité n’a été retrouvée. »

Le 12 février 2026, Hervé Ghislain Kogboma-Yogo, directeur général de BGFI, a catégoriquement démenti toute collaboration « Un communiqué officiel avait déjà été publié pour réfuter ces allégations et il n’existe aucune relation professionnelle avec cette entreprise. »

Le 16 février 2026, le service de communication d’Orange a également confirmé « Aucun partenariat n’a été conclu avec cette société. Le nom et la marque Orange Money ont été utilisés abusivement afin de gagner la confiance du public. »

Par ailleurs, des échanges avec des ressortissants centrafricains vivant au Bénin ont permis de recueillir des témoignages sur les moyens habituels de réception de fonds. L’un d’eux, Beninga Yassika Cédric Belfort, explique  « Au Bénin, Express Union propose déjà des services de transfert fiables et sécurisés. Je découvre seulement maintenant l’existence de cette prétendue entreprise grâce à vous. »

Enfin, des recherches effectuées sur Google ne font apparaître aucune société dénommée « Nguinza IYO » enregistrée en République centrafricaine. L’entreprise ne figure dans aucun registre public ni annuaire commercial reconnu. Bien que cette absence ne constitue pas une preuve absolue de son inexistence, elle soulève de sérieux doutes. Aucune présence en ligne, aucun site officiel ni aucune mention dans la presse ne viennent attester de la réalité de cette entité.

Ce genre de publication montre à quel point les réseaux sociaux peuvent être utilisés pour propager des informations trompeuses. Il est important de rappeler qu’il y a trois ans, la Centrafrique a déjà été confrontée à une escroquerie d’ampleur. Une entreprise dénommée Grameen Jameel, implantée dans le 8e arrondissement de Bangui, promettait aux investisseurs de multiplier leurs mises. Après quelques mois d’activité, la société a brusquement cessé ses opérations, disparaissant avec les fonds collectés.

En janvier 2024, le ministère des Finances et du Budget a officiellement suspendu les activités de l’organisation « Grameen-Jameel », celle-ci ne disposant d’aucun agrément l’autorisant à exercer en qualité d’établissement de microfinance. Cette décision préventive visait à limiter les risques de fraude financière, les autorités rappelant l’importance de vérifier l’existence d’une autorisation légale avant tout investissement.

Les situations comme celle impliquant NGUINZA IYO illustrent combien il est aisé pour des fraudeurs de créer de fausses entreprises et de manipuler les utilisateurs à travers les réseaux sociaux ou des applications de transfert d’argent. Même lorsqu’une offre semble légitime, promettant des gains rapides ou une simplicité dans les transactions, elle peut dissimuler une véritable arnaque.

Avant d’effectuer un transfert d’argent ou de s’engager dans un investissement, il est nécessaire de vérifier la crédibilité de l’entreprise, d’examiner ses enregistrements officiels et de s’assurer que ses partenaires financiers sont bien établis et dignes de confiance. Il est également important  pour les internautes de rester vigilants face aux messages trop séduisants sur les réseaux sociaux. Divers témoignages ont révélé que de nombreuses escroqueries exploitent la confiance des utilisateurs,  s’appuyant sur des marques renommées ou faisant miroiter des gains irréalistes. Il est préférable d’éviter toute précipitation, de remettre en question les offres qui semblent trop avantageuses pour être honnêtes et de recourir systématiquement à des solutions officielles et sécurisées pour les transactions financières. La prudence et la vérification demeurent les outils les plus sûrs pour se prémunir contre les arnaques en ligne.

Verdict

Les informations relayées à propos de N’GUINZA IYO sont fausses et relèvent d’une tentative d’escroquerie. Il est essentiel de toujours vérifier la fiabilité d’une entreprise avant d’effectuer toute transaction financière.

Par Hillary BOYO

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