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La Minusca n’a pas échangé des armes et munitions avec des groupes armés

Le 11 janvier 2023, un compte Facebook intitulé « 236 Actu » a publié un message alarmant, accusant la MINUSCA (Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en Centrafrique) d’avoir procédé à un troc illégal avec des groupes armés dans la ville de Baboua, située à environ 536 km de Bangui. Selon la publication, le contingent bangladais de la MINUSCA aurait échangé des armes et des munitions contre de l’or et des diamants, le tout « au vu et au su » des habitants.

La légende du post affirmait explicitement : « Les habitants de Baboua ont vu le contingent Bangladais coopérer avec des groupes armés, échangeant des armes et des munitions contre de l’or et des diamants. »

Une information choquante, qui a rapidement attiré l’attention sur les réseaux sociaux, mais qui, après vérification, s’avère totalement fausse.

Vérification et réactions officielles

Afin de démêler le vrai du faux, la rédaction de l’AFC a mené une enquête et interrogé plusieurs sources, tant du côté des autorités locales que de la mission onusienne.

La MINUSCA dément fermement

Contacté le 6 février 2023, le lieutenant-colonel Abdoul Aziz Ouédraogo, porte-parole de la Force de la MINUSCA, a rejeté en bloc cette accusation :

« Archi faux, ce n’est qu’une allégation. Si quelqu’un avait réellement vu ou assisté à un tel échange, nous aurions eu des preuves, notamment des images, car aujourd’hui tout le monde possède un téléphone portable et peut filmer facilement. »

Selon lui, cette rumeur relève d’une manipulation visant à ternir l’image de la mission onusienne, régulièrement ciblée par des campagnes de désinformation.

La position des autorités locales

Du côté de la municipalité, Ephrem Kaprang, président de la délégation spéciale de la ville de Baboua, a également confirmé n’avoir constaté aucun fait allant dans ce sens : « Nous recevons aussi ces rumeurs venant de certains villages environnants. Mais dans ma localité, je n’ai observé aucune pratique de ce genre. En tant qu’autorité locale, je mène mes propres enquêtes afin de clarifier la situation, mais jusqu’ici rien ne confirme ces allégations. »

Ses propos soulignent que ces accusations sont davantage des rumeurs colportées que des faits vérifiés sur le terrain.

Le témoignage des habitants

Les commerçants et habitants de Baboua confirment également que ces accusations ne reposent sur rien de concret. Bienvenu Sŏngamo, commerçant dans la localité, affirme :

« Je n’ai jamais vu, ne serait-ce qu’une fois, la MINUSCA échanger des armes ou des munitions avec des groupes armés. D’ailleurs, il n’y a même pas de rebelles installés dans notre ville. »

Ces témoignages montrent que l’information relayée sur Facebook ne correspond pas à la réalité observée par les habitants eux-mêmes.

Le contexte : un mandat renouvelé et des attaques informationnelles

Il est important de replacer cette rumeur dans son contexte. Cette publication est intervenue peu après la décision du Conseil de sécurité des Nations Unies de prolonger d’un an le mandat de la MINUSCA en Centrafrique.

Le mandat de la mission repose sur des tâches prioritaires, notamment 

  • La sécurisation de l’acheminement de l’aide humanitaire.
  • La protection des civils,
  • Les bons offices et l’appui au processus politique,
  • Le suivi et la mise en œuvre du cessez-le-feu et de l’Accord politique pour la paix et la réconciliation (APPR),La sécurisation de l’acheminement de l’aide humanitaire.

Dans ce contexte sensible, certaines campagnes de désinformation apparaissent régulièrement sur les réseaux sociaux, cherchant à saper la confiance entre la population et la mission onusienne. Ces fausses informations exploitent la méfiance existante et visent à fragiliser l’image de la MINUSCA auprès des communautés locales.

    Conclusion

    Après vérification auprès de la MINUSCA, des autorités locales de Baboua et des habitants de la ville, il est établi que l’information diffusée par le compte Facebook « 236 Actu » est fausse. La mission onusienne n’a procédé à aucun échange d’armes et de munitions contre de l’or et des diamants avec des groupes armés.

    Cette rumeur relève d’une tentative de désinformation et doit être écartée. Elle rappelle l’importance de vérifier les sources avant de relayer une information, surtout dans un pays marqué par des tensions politiques et sécuritaires où les fausses nouvelles peuvent avoir un impact considérable sur la perception des institutions.

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