Le 10 février, le compte Facebook « Brice Ore » a diffusé une publication concernant une prétendue évasion massive à la prison centrale de Ngaragba, établissement pénitentiaire situé dans le 7e arrondissement de Bangui. Cette publication contient un commentaire qui signale cette évasion en augmentation et interpelle directement l’État sur ses responsabilités.

Voici ce qu’indique la légende du post « l’évasion massive de détenus met l’État face à ses responsabilités « En moins de deux mois la prison centrale de Ngaragba a enregistré une hausse vertigineuse et préoccupante des évasions des détenus souvent organisée en bande (45 prisonniers évadés), alors même que des responsables ont été nommés par le gouvernement pour assurer la gestion et la sécurité de cet établissement pénitentiaire…»
Cependant, selon les déclarations du Directeur général des services pénitentiaires au ministère de la Justice, de la Promotion des droits humains et de la Bonne gouvernance, Garde des Sceaux, également du porte-parole du gouvernement, les données partagées sont inexactes.
Vérification:
Dans le cadre de la vérification, Centrafrique Check s’est rendu à la prison centrale de Ngaragba où l’équipe a échangé avec le régisseur de l’établissement. Des démarches ont également été entreprises auprès du ministère de la Justice ainsi que d’autres institutions officielles. Par ailleurs, les autorités judiciaires ont été sollicitées afin de vérifier les faits et de faire la distinction entre les informations avérées et les rumeurs circulant sur les réseaux sociaux.
La Direction générale des services pénitentiaires, rattachée au ministère de la Justice, de la Promotion des droits humains et de la Bonne gouvernance, a clarifié les informations concernant les récents chiffres en circulation.
Le 10 mars 2026, Alfred Ndakala, Directeur général des services pénitentiaires, a confirmé que les chiffres(45) évoqués sont incorrects lors d’un entretien accordé à Centrafrique Check. « Ce chiffre est faux. Des évasions ont effectivement eu lieu, mais leur nombre est bien inférieur à celui avancé sur les réseaux sociaux. La prison centrale de Ngaragba a connu des difficultés de fonctionnement, ayant conduit à l’évasion de 10 détenus seulement, et non de 45 comme cela a été prétendu. »
Il précise également que «Le ministère de la Justice a été immédiatement informé, des documents officiels ont été établis et des sanctions ont été prises à l’encontre des agents impliqués. Ces derniers ont été traduits devant le Tribunal de grande instance de Bangui pour répondre de leurs actes.» a t-il conclut
Le régisseur de l’établissement pénitentiaire, contacté par Centrafrique Check, a confirmé ces déclarations, renforçant ainsi la version officielle.
Le gouvernement centrafricain s’est également exprimé sur cette affaire. Le ministre de la Communication et des Médias, Maxime Balalu, a rejeté ce chiffre lors de sa conférence de presse du 16 mars 2026 ; « Une évasion de 45 prisonniers en deux mois est invraisemblable. Aucun service pénitentiaire ne fait état de tels chiffres. »
Les autorités pénitentiaires rappellent toutefois qu’un incident s’est produit en janvier, avec l’évasion d’environ une dizaine de détenus. Pour des raisons de sécurité, ces données ne sont pas entièrement rendues publiques. Cependant, ces faits ont été largement amplifiés sur les réseaux sociaux, où le chiffre de 45 évadés a été avancé à tort, contribuant ainsi à une mauvaise interprétation de la situation réelle.
Verdict
L’information faisant état de l’évasion de 45 détenus en moins de deux mois à la prison centrale de Ngaragba s’est révélée inexacte après vérification effectuée par Centrafrique Check auprès des instances officielles, notamment le Directeur général des services pénitentiaires et le porte-parole du gouvernement.
Par Raoul LAKOLA